Suivre un régime : pourquoi ce n’est pas une bonne idée
Selon un sondage canadien1 :
- Au Québec, 73 % des femmes désirent maigrir.
- La moitié des femmes qui veulent maigrir ont un poids normal
- 22 % des femmes rapportent que la gestion du poids domine leur vie
Les régimes veulent vous faire croire qu’il est facile de perdre du poids rapidement. Et si le résultat escompté n’est pas atteint, c’est de votre faute : vous n’avez pas mis assez d’efforts.
Pourtant, on sait que les diètes ne fonctionnent pas. 80% des personnes qui suivent une diète reprendront le poids perdu d’ici un an, et 94% au bout de 2 ans. Non seulement l’objectif n’est pas atteint, mais le résultat est négatif : on a l’impression d’avoir échoué, et notre confiance en nous-même diminue. On se sent poche. On a l’impression de ne jamais en faire assez.
Régime : ce qui se passe vraiment
Pourquoi le taux d’échec est si élevé ? La principale raison est que les diètes sont très difficiles à suivre à long terme. Aussi, elles nous déconnectent de nos sensations de faim et de satiété en nous apprenant à suivre une liste de règles.
Les régimes amaigrissants se basent généralement sur une restriction calorique: c’est pourquoi une perte de poids rapide est possible. Puis, un de ces deux scénarios risque de se produire :
- À force de se priver, la faim et l’envie d’aliments « interdits » deviennent trop intenses, et on craque. S’en suit alors culpabilité, baisse d’estime de soi, et des pensées telles que « j’ai été lâche, je ne suis pas capable, je ne suis pas bon, je recommence à faire attention lundi ». C’est ce qu’on appelle « le cycle restriction-compulsion ». La privation mène à la perte de contrôle et aux excès, puis à la culpabilité, qui nous pousse à nous restreindre encore plus. Et le cycle recommence.
- On perd du poids grâce au régime, puis on recommence à manger «normalement». Comme cette alimentation «normale» était à la base la cause de la prise de poids, le poids est repris graduellement.
Le cycle de la restriction

Le danger des régimes
Lorsqu’on suit un régime, on mange avec notre tête, et non avec notre corps. On calcule, on suit des règles, et on perd la capacité à écouter les signaux que notre corps nous envoie.
Alors, quoi faire ?
- Mettre l’emphase sur ajouter des aliments nutritifs à notre alimentation plutôt que de s’interdire certains aliments. Par exemple, remplir la moitié de notre assiette de légumes, boire beaucoup d’eau et s’assurer que chaque repas contienne des protéines et des fibres.
- Manger régulièrement. Sauter un repas intensifiera la faim au repas suivant. Lorsque nous avons trop faim, nous mangeons plus rapidement et en plus grande quantité.
- Prendre conscience. Manger devant la télévision ou en étant distrait brouille notre capacité à savoir quelle quantité nous avons mangé. Ralentir, prendre le temps de mastiquer et profiter de chaque bouchée permet de mieux digérer, en plus de mieux sentir lorsque le rassasiement est atteint.
- Savourer des aliments qu’on aime et qui sont accessibles. Si tu détestes le kale, achète plutôt des épinards. Si le céleri est 8$ parce que c’est maintenant un super-aliment, achète plutôt le brocoli en spécial. Il n’y a pas un aliment magique qu’on doit absolument manger pour être en santé.